DES VOIX DANS NOS TÊTES :
« T’as vu ça ?
-Par le sang du Christ! Ils sont morts ?
-Non! Ils sont vivants! Et ecossais!
Mais je ne voit pas de quel clan il s’agit !
-Abritons-les! Si les Anglais les voient, ça va faire
du vilain! ».
1307, Inverness, Ecosse, 5H24 du matin
VISAGES INCONNUS :
L’odeur de la viande grillée éveilla Link. Il se
sentait engourdi et dut se redresser pour reprendre ses esprits.
Puis il prit soin d’observer la chambre dans laquelle il se trouvait.
Une chambre en bois. il était couché dans un lit de
paille. Il regarda par la fenêtre. il n’y avait pas de
sol pavés. Rien qu’un chemin de boue qui serpentait entre
les demeures en pierre grise. Il pleuvait ce matin-là et au
loin, la brume masquait une chaîne de collines . Il était
de toutes façons revenu sur Terre. Et en Ecosse. Lorsqu’il
le réalisa, il eut le sentiment étrange d’être chez
lui. Malgré l’époque. Quatre mois à Paris
et trois années et demi dans les forêts du Gévaudan
avaient fait de lui un homme de la Terre. En lui s’emmelait un sentiment
de joie mais aussi de peur. Il était revenu dans un endroit
qu’il aimait bien. Mais il avait peur de ne pouvoir le quitter.
Il resta cinq bonnes minutes à s’interroger sur l’enjeu de sa
mission lorsque sa porte s’ouvrit. Instinctivement il porta la main
à la pomme de son épée. Une jolie jeune fille
de son âge entra. Une jeune fille aux longs cheveux bruns et
aux yeux noisettes qui affichait un visage serein et paisible, emprunt
d’une certaine timidité aussi. Une bien jolie jeune fille
qu’il avait devant lui. Aussi belle que Zelda. Peut-être
plus. Habillée d’une robe en toile, elle transportait une
bassine d’eau dans laquelle trempait un linge.
« Vous vous sentez mieux ? Demanda-t-elle.
Link reconnu le fort et agressif accent Ecossais dans sa voix angélique.
En cette période, mieux ne valait pas tomber sur des Anglais.
Tout ce qui était en kilt finissait écartelé, égorgé
ou pendu. Elle s’agenouilla près de lui, essora le linge et
l’appliqua doucement sur son front.
-Ne bougez pas ! Fit-elle avec un sourire en le voyant
frémir à cause de la fraîcheur de l’eau. Voilà
! Vous vous êtes fait une vilaine coupure au front.
Ca disparaîtra avec le temps. Mais mieux vaut ne pas laisser
ça s’infecter !
Elle fit glisser le linge sur ses joues et le fixa dans les yeux en
souriant.
-Courageux mais pas téméraire, hein ? Plaisanta-t-elle.
Vous êtes en sécurité ici ! Les Anglais
ne vous trouveront pas. Notre clan est l’un des plus puissants d’Ecosse
et quand ils voient nos hommes nos ennemis détournent le regard
en général au lieu de lever les épées.
Link ne savait pas quoi répondre. Cette situation l’embarrassait
plus que tout. Et la beauté de cette jeune fille, ne passa
pas inaperçue en lui. Il allait devoir affronter une nouvelle
épreuve :vaincre la tentation de succomber à son charme.
-Où sont mes amis ? Demanda-t-il d’une voix presque étranglée
Elle sourit.
-Ah, vous m’avez fait peur ! Fit-elle en replongeant son
linge dans la bassine. J’ai cru que vous étiez muet.
Vos amis dorment encore. La jeune fille rousse, la jeune fille blonde
et votre ami également. Ils vont tous bien. mais d’où
venez vous ?
Link était un maître en improvisation mais devant une
jolie fille ses capacités s’en trouvaient réduites.
De toutes façons, il était là pour dire la vérité,
pas pour raconter des conneries.
-Nous venons de très loin, expliqua-t-il. Mais mon camarade,
celui qui est brun...C’est un Français !
Elle se leva brusquement.
-Un Français ? Ici ?
Elle se signa rapidement.
-Un problème ? Fit Link.
-Nous avons signé un traité d’alliance avec les Français
il y a 9ans ! Fit-elle. Il n’y a que les Français
qui peuvent terrasser les Anglais ! Si on découvre votre
camarade, ca risque de très mal tourner !
-Nous avons quelque chose de très important à demander
à ton peuple !
Elle frémit et recula.
-Qui êtes-vous ? Souffla-t-elle
Les oreilles de Link s’allongèrent doucement.
-Je suis un Hylien ! fit-il.
La fille s’écroula à terre.
-Bien évidemment, grogna Link, ‘faut que je foute tout en l’air,
moi ! ».
REVEIL ET REUNION :
Une paire de baffe acheva de me réveiller.
« J’adore ta doigté Malon ! Fis-je en portant
ma main à la joue. J’ai l’impression d’avoir reçu une
enclume sur la joue !
-J’aime les hommes dans mon lit mais pas quand ils ronflent !
-Tu sais, en France, on siffle quand c’est comme ça !
Fis-je en grognant.
-Je suis pas Franzouille, moi ! J’ai beaucoup à
apprendre des coutumes de ta contrée ! ...Comment t’as
su que c’était moi ?
-Pas difficile:j’ai dormi toute la nuit avec ta poitrine sur ma figure
! ».
« C’était quoi ce bruit ? Demanda Link.
La jeune fille s’était remise de ses émotions et avait
eu droit à toutes les explications possibles. Maintenant,
elle le croyait.
-On aurait dit une paire de baffes et une insulte...Fit-elle en pansant
la coupure de son front. ’Bougez pas ! Mais je ne savais
pas que vous connaissiez le mot salopard ».
« T’as attrapé un coup de soleil ? Me demanda Link alors
que nous nous restaurions.
-Ecoute ! Fis-je. Je sais pas si j’ai pris un coup
de soleil mais j’en connais une qui a prit un coup de sang !
Malon me regarda de son air faussement sombre et, sa cuillère
en bouche, montra ses dents en grognant.
-‘Fait gaffe ! Soufflai-je à Link. C’est une
mauvaise !
-Qu’est ce qu’il a fait ? Demanda la jeune fille.
Tout le monde la regarda.
-C’est pas de votre âge, répondit Malon en souriant.
Classé érotique! Et il vaudrait mieux pour Benji
de la garder fermée s’il ne veut pas faire connaissance avec autre
chose que mes mains !
-Bravo, Benji ! Tu l’as vexée! Maintenant
elle va nous faire la gueule pendant tout le voyage !
-Mais j’ai rien fait moi ! ! !
Criais-je. En tout cas...je l’ai pas fait exprès !
-Salaud ! Lança Malon. Ce soir, tu vas voir
c’que tu vas prendre !
-Vous seriez pas un peu Français tout de même tous les
trois? »Demanda la jeune fille .
La jeune fille qui nous avait accueilli se nommait Kara McLeod et faisait
partie du clan du même nom. Un clan éparpillé
un peu partout en Ecosse mais surtout dans les montagnes. Bien que
le « Q. G » soit ici. Arthus McLeod était
un homme d’une trentaine d’année mesurant près de deux mètres
de hauteur et facilement reconnaisable à sa longue chevelure brune
et à sa barbe. preuve de sa puissance :il portait en bandoulière
l’énorme épée ecossaise, la claymore, dont le nom,
hurlé sur les champs de batailles, appelait les soldats à
s’unir et à charger...
Les McLeod étaient une tribu de Highlanders qui remontait aux
temps celtiques de la chute de l’Empire romain. Officiellement le
clan était né lors de la guerre qui opposa les Scotts aux
peuples Viking qui avaient assailli la terre d’Ecosse. D’autres font
remonter les origines du clan à partir de la dictature des Césars
. Les McLeod auraient participé au triomphe des armées
Ecossaises face aux invincibles légions romaines. Mais tous
savaient qu’ils avaient été les acteurs de la bataille de
Stirling. Et ils comptaient bien continuer jusqu’à ce que
l’Angleterre reconnaisse l’indépendance de l’Ecosse. Puis
ensuite, ils prêteraient main forte à la France. Une
troisième puissance militaire venait d’émerger...Celle du Courage.
Link ne pouvait pas mieux tomber. Le triangle infernal qui reliait
les trois nations coordonait parfaitement avec les armoiries de la Triforce
:le Courage Ecossais, leur bravoure n’étant plus à prouver,
la Force Française, amateurs de manière forte, les Français
étaient des guerriers réputés pour leur férocité.
Et enfin la Sagesse Anglaise, qui correspondait à leur stratégie
militaire très pointue.
Trois ordres, trois peuplades symboles, trois élus, une culture
celtique identique et des héros. La Terre avait peut-être
aussi sa Triforce...
Arthus fit appeler ses camarades en envoyant des messagers dans toute
l’Ecosse. En attendant leur réponse, il nous fit servir du
whisky récemment distillé.
« Nos armées se construisent lentement mais nous avons
suffisamment d’hommes pour vous prêter des soldats, fit-il.
Je veillerai à ce que les meilleurs de nos hommes vous accompagnent.
Il versa l’alcool dans nos verres.
-Et en plus nous avons pu mettre du whisky de coté , fit un
autre Ecossais barbu au visage carré. Alors qu’avant, il coulait
à flots !
-Gaspillage? Proposa Link.
-Non ! On s’en servait pour cautériser les plaies
béantes ! Expliqua Arthus. Et comme il y avait
beaucoup de blessés, tout le whisky qu’on distillait servait à
nettoyer des blessures.
Il s’asit à côté de nous. L’autre homme avança
une chaise. Malon commença à boire et se mit à
tousser.
-C’est fort, fit-elle d’une voix étranglée. C’est
quoi ? De l’alcool de cheval ?
-Non, fit l’Ecossais au visage carré. C’est du whisky.
Mais il est un peu vieux.
-Un peu trop, fit Link en se tamponnant le front. Benjamin !
T’es mort ?
-Pas encore ! Je répond en me tenant la gorge.
L’Ecossais roux, un dénommé Aaron, se mit à rigoler
en nous voyant nous tortiller comme des vers.
-Ca c’est des guerriers ! Fit-il. Hé !
Le Frenchie ! Me dit pas que tu peux pas avaler ça !
-Je l’ai avalé pour mon plus grand malheur ! Fis-je.
-C’est comme ça qu’un Ecossais devient un soldat !
Il boit jusqu’à ce que le whisky passe dans sa gorge comme le flot
limpide d’une rivière. Après quoi, il est endurcit
à tout :au froid, à la soif, à la faim,...
-Aux femmes ? Lança Malon.
-Le whisky donne du charme aux hommes car elle les rend forts !
-Elle les rend forts...Souffla Malon en souriant.
Elle me déposa la cruche devant ma figure.
-Termine-moi ça ! Un homme fort, j’veux voir ça
!
-‘Faudrait que j’en amène pour Zelda ! Fit Link
en toussant un bon coup .
-Parlez-moi de vous...Fit Arthus. Enfin vous m’avez raconté
votre histoire. Je veux savoir ce qui se passe au juste.
Link déposa son verre sur le côté.
-Un prince noir qui vient des confins du désert s’apprête
à attaquer et notre armée est insuffisamment préparée
pour l’affronter. Nous avons donc songé à demander
de l’aide à une peuplade d’un autre monde. Celui-ci en l’occurrence.
Notre camarade Français, qui est notre seul guide de la Terre, a
recommandé votre peuple. Car il estime qu’il est le plus brave.
-C’est le plus brave ! Rectifiai-je.
-Venant de la gueule d’un français, ça fait plaisir !
Fit Aaron. On a pas fait ratifier la auld alliance pour rien !
T’en fait pas mon grand ! Dès qu’on en aura fini avec
nos problèmes, on viendra vous aider à regler les votre.
Link ! Combien d’unités compte ton armée ?
-Huuum...Malon, à ton avis combien de...
-Pfff...Peut-être bien 6 000, pas plus ! Répondit-elle.
Celle de Ganondorf doit monter à 8 000.
-On va vous en fournir 5 000 de plus ! Fit Arthus.
Les Anglais se tiennent tranquilles pour le moment et si votre bataille
est imminente, nos hommes devraient donc rentrer dans les temps !
Avec la promesse de ne jamais rien reveler de tout ce qu’ils auront vu.
Tout comme nous ne dévoilerons jamais le secret de votre existence.
-Quand il s’agit d’aider l’ennemi, un Ecossais va jusqu’au bout !
Fit Aaron. Le traitre...on lui ouvre la gorge ! Mais...c’est
très rare ! Cela dit, nous ne faisons pas partie de
cette toute petite minorité. Soyez certains que jamais nous
n’ouvrirons la bouche pour parler de vous. Mais vous serez toujours
les bienvenus ici.
Avec tout ça, le soir était tombé. Un homme
entra en apportant plusieurs messages enroulés dans un ruban de
peau. Arthus se mit à les lire.
-En fait de 5 000 hommes supplémentaires vous allez en avoir
14000 ! Fit-il avec un sourire. Votre petite histoire
a fait le tour du pays. Et depuis qu’on sait qu’un Français
se trouve ici, c’est comme un genre de lueur d’espoir qui vient d’apparaître.
Il déposa les messages et se laissa retomber en arrière.
-Je ne sais que peu de choses sur vous...souffla-t-il. Mais je
ferai en sorte qu’un jour, quelqu’un finisse par conter votre histoire.
Et que l’on raconte qu’il exite une terre de braves comme la notre qui
mérite tout l’aide que ce monde peut lui apporter.
-Merci ! Fit Link. Benji ne s’est pas trompé
! On peut vraiment compter sur vous ! ».
UNE JEUNE FILLE AMOUREUSE :
« Ma fille Kara partagera votre chambre Link ! Fit
Arthus en nous faisant monter les escaliers, une bougie à la main.
Malon et Benjamin dormirons ensemble.
Il flottait une odeur de fraîcheur alors que nous montions les
marches de bois de l’habitation d’Arthus. Nous frissonions.
Arthus fit ouvrir les deux chambres qui se trouvaient côte à
côte.
-Voilà ! Fit-il. Dormez bien !
-Combien de temps mettrons les hommes pour venir ? Demanda Link.
-Tous viennent à cheval. A peu près trois jours
je pense. Si ce n’est moins. On n’est jamais trop sûr
ici :le temps peut jouer des tours et les Anglais tendent des embuscades
un peu partout. Mais avec les Irlandais à nos cotés,
on réussit à les maintenir. Mais ça...ca nous
regarde !
Nous rigolâmmes de bon cœur.
-Allez, bonne nuit ! Fit Arthus. Et soyez sans craintes
:une milice veille en permanence. Et je connais mes hommes :ils verraient
un lapin courir pendant la nuit ».
Malon se mit à rebondir sur le lit.
« Ca c’est du pieu ! Fit-elle.
Et le lit était confortable :un matelas fait de paille bien
tendre, des couvertures en plume tissées dans des draps fins et
doux et une fourrure bien douillette.
-T’as besoin de te fringuer en pin-up chaque fois que tu dors ? Demandai-je
pour rire.
Elle s’allongea et prit une pose top-model. Elle portait une
chemise de nuit noire en dentelles. Allongée sur le côtés,
main sur la jambe elle me regardait d’un air taquin.
-Alors mon grand, tu viens ou je prend les choses en main ? »Fit-elle.
Kara observa Link torse nu en train de nettoyer son épée.
Ils devaient dormir. Mais elle devait d’abord lui dire quelque chose.
Elle fit tomber sa chemise de nuit.
« Kara semble lui faire les yeux doux, me dit-elle alors que je
m’étais enfin allongé à côté d’elle.
-Toi aussi tu l’as vu ? Demandai-je.
-Exact ! Il nous manquerait plus que ça !
Heureusement que Zelda n’est pas là ! Ca aurait fait
des étincelles !
-‘Vaudrait mieux pas lui dire ! Je la connais bien!
Je jouais avec elle quand j’étais gamine !
-Hé ben ! Décidément la Terre vous
porte malheur!
-Toi, t’es ma bête noire ! Me dit-elle avec un sourire
et en me pinçant le nez. T’es mon Français à
moi !
Et en rigolant, elle posa sa tête sur moi.
-Hé ! Déconne pas ! Fis-je un
peu gêné.
-Tu préfère avoir mes seins sur ta figure comme l’autrre
nuit ?
-On peut savoir quel est ton problème ?
Elle soupira. J’étais inquiet.
-J’ai peur...Souffla-t-elle. Je vais aller au combat encore une
fois. Mais cette fois-ci une vraie bataille. Pas comme les
pauvres charges qu’on menait sur Terre. J’ai besoin de quelqu’un
pour me réconforter ! Ca ne te dérange pas que
je me pose près de toi ?
-Ben ‘fallait le dire tout de suite ! Allez viens !
Elle se posa sur moi et passa sa main sur mon ventre.
-Au fait...Fit-elle avec une pointe malicieuse qui me rassura.
Je parie que je te fume à la course de cheval !
-Je t’attends ma grande !
Elle leva la main. Je lui filait une tape dedans.
-Bonne nuit !
-Good night ! ».
Link s’était plaqué contre le mur.
« C’est pas vrai mais qu’est ce qu’elles ont toutes ? Se dit-il.
Devant lui Kara tremblait de tous ses membres. pas à cause
du froid. A cause du trac.
-Je vous aime ! Fit-elle d’une voix étouffée.
Emmenez-moi dans votre pays ! Loin d’ici ! J’ai
peur !
-Kara, je ne peux pas !
-Et ce Français ? ! Il vous suis bien !
-Kara, il fait parti...de notre garde ! C’est tout !
Link mentait bien sûr. Mais il n’osait pas dire la vérité.
-Les Anglais font des pillages dans les villages ! Cria-t-elle
en pleurant. Quand ils trouvent des jeunes filles vous savez ce qu’ils
leur font ?
-Oui, je sais !
-J’ai vu des jeunes filles plus jeunes que moi subir des atrocités
! Et celles qui vivent encore sont marquées à
vie !
-Je ne suis pas responsable de ce qui vous arrive ! !
Ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça ! !
-Mais vous le savez ! !
-Bien sûr que je le sais ! !
Il s’approcha d’elle.
-Que croyez vous que ce prince noir que nous combattons a fait endurer
à notre peuple pendant ses sept années de tyrannie ? !
Combien de femmes ont été violées, combien d’hommes
ont été torturés ? ! Combien d’enfants
ont péri dans des souffrances que je n’oserais décrire ?
! Et ma camarade, la jeune fille rousse, qu’on a accusé
de sorcellerie à une période et qui a faillit être
brûlée, a dû subir le joug d’un tyran !
Elle ne comptait plus les coups qu’elle prenait au bout d’un certain temps
! Elle les prenait sans protester ! Un miracle
qu’elle soit toujours aussi belle ! mais elle en a gardé
des traces. et la moitié de ses chevaux favoris a péri
dans un cataclysme. elle était douce et timide autrefois.
Maintenant elle est devenu froide et diabolique et extrêmement sensible!
Alors croyez-moi ! J’ai eu ma dose de souffrance !
Et elle plus que tout !
Elle baissa les yeux.
-Désolée ! Je ne savais pas. .
.
-Le Mal est partout Kara ! Fit-il. Ici ou ailleurs,
on finit toujours par le trouver ! Peut-être par ce qu’il
est plus facile de faire le Mal que le Bien certaines personnes s’orientent
vers lui. Et c’est contre elles que nous luttons.
Kara acquièsça de la tête. Link ramassa et
lui tendit sa chemise. Il faisait froid et elle se protégeait
la poitrine avec ses mains. Elle attrapa sa chemise et s’apprêta
à la remettre mais elle l’envoya d’un geste dédaigneux sur
le côté et dévoila son corps encore une fois.
-Et l’amour ? ! Cria-t-elle. Ca existe chez vous
? ! Croyez-vous qu’on peut combattre le Mal et ne pas aimer
? !
Link soupira.
-Si je ne peux pas venir avec vous ! Si je ne peux pas
être vôtre alors donnez-moi ce que je n’aurai jamais !
Soyez mon amant pour cette nuit !
Link recula.
-Kara ! Soupira-t-il.
-Vous ne pêcherez pas pour ça ! Dit-elle.
Dieu saura être clément avec vous ! Je sais que
vous ne fauterez pas...en réalisant les vœux d’une innocente !
-J’ai déjà un amour !
Kara se figea.
-Un amour à qui j’ai donné plusieurs fois...ce que vous
désirez plus que tout ! Souffla-t-il avant de se laisser
retomber sur son lit et de ranger son épée.
Il y eut un silence de mort et Kara alla s’asseoir près de Link,
saisit sa chemise et l’enfila. Puis elle le regarda longuement et
l’embrassa sur la joue.
-Alors...Souffla-t-elle...Je ne vous importunerai plus. Je ne veux
pas ravir un cœur qui appartient déjà à quelqu’un
d’autre. Mais...sachez une chose ! La fille qui vous a
pour amant...est quelqu’un qui a une chance extraordinaire. Et si jamais...si
un jour...elle vous laisse pour un autre...promettez-moi de penser à
moi !
Link la regarda et se mit à rire.
-Promis ! Fit-il.
-Alors à défaut d’être amants...fit Kara en souriant...on
peut être amis !
Elle lui tendit la main. Link la prit.
-Pas de problème Kara ! Allez ! Venez
dormir !
Elle se posa à côté de lui et Link souffla sur
la bougie. Au fond d’elle même Kara n’était pas pleinement
satisfaite mais elle n’y attachait guère d’importance. Un
ami...c’est déjà ça. Elle dormit sans problèmes
cette nuit-là.
LA DISPUTE :
« Aux armes ! ! ! Hurla Malon.
Je me levais, affolé.
-Mon général ? ! Criais-je.
Malon regarda autour d’elle . Je me rendis compte qu’on était
en Ecosse.
-Excuse-moi ! Fit-elle. J’ai rêvé !
J’ai cru qu’on était en pleine bataille !
-Y’a pas de mal ! Allez ! Rendors-toi !
Je me recouchai mais Malon restait assise.
-Malon ?
Elle se mit à sangloter. Je me redressai et lui pris l’epaule.
-Hé ! Ca va pas ? fis-je.
-J’ai peur...J’ai si peur ! Souffla-t-elle. J’ai peur
de tout ! J’ai peur de toi ! Peur de moi !
Cela me fit un choc.
-Peur de moi ? Demandai-je.
-Tu n’es pas Hylien ! Tout me semble si différent
depuis qu’Hyrule a été détruite ! Je ne
me retrouve plus ! J’ai changé ! J’en ai
assez ! Assez ! Assez ! !
!
Elle jeta violement son oreiller contre le mur.
-Malon ! Calme-toi ! Fis-je en tentant de la
saisir.
Elle m’envoya une claque à la figure.
-Lache-moi ! Cria-t-elle. Je me suis battue pour
retrouver Hyrule comme avant et tout redeviendra comme avant !
Link reviendra mais toi tu repartiras dans ton époque !
-Quoi ? !
-Je suis désolée Benjamin mais ta place est en France
et non sur Hyrule !
-Attends ! Tu racontes quoi, là ? !
-Je te suis reconnaissante de tout ce que tu as fait pour nous !
C’est vrai mais...ton rôle est terminé maintenant !
En plus tu ne te sentirais pas bien sur Hyrule je pense ! Ta
place est en France, à ton époque, parmi les tiens.
Et non parmi nous ! Regarde la vérité en face
! Te sacrifierais-tu pour une cause dans laquelle tu n’as aucun
rôle ? Tes affaires ne sont pas les nôtres ! Tu
es Français ! Je suis Hylienne ! Nous sommes
différents !
Elle s’approcha de moi.
-Je sais bien que tu a toujours voulu nous aider...mais nous ne sommes
pas du même monde !
La colère en soi-même, c’est comme la moutarde dans son
nez :ca monte très facilement. J’en sais quelque chose.
Depuis maintenant. Je me levai, empoignai oreiller et traversin puis
une couverture plaçée dans un coin de la pièce.
-Alors on va mettre chaque chose à sa place ! Fis-je
froidement. Ta pièce à toi, ma pièce à
moi ! Et pour commencer, puisque vous n’avez plus besoin de
moi, vous vous démmerderez désormais pour votre séjour
en ecosse. Je vous rappelle que nous sommes dans un territoire que
je connais bien et que les loups sont plutôt chose commune par ici.
Bonne nuit, mademoiselle longues-oreilles !
Je claquai violement la porte et laissai Malon dans la chambre.
Elle ne se recouchera pas.
ATTAQUE ANGLAISE :
« Ah, bravo ! ! ! Cria Link.
Il ne nous manquait plus que ça ! Ca recommence !
Comme la dernière fois en France ! Mais on va faire
ça dans tous les pays ma parole !
Malon se secouait la tête dans tous les sens.
-Je sais pas ce qui m’a prit ! Fit-elle en agitant la main.
J’ai fait un cauchemar et j’ai perdu la boule ! J’ai profanné
des choses que je ne pensais absolument pas !
-Un cauchemar qui fait un tel effet j’ai connu, t’en fais pas !
Ce genre de cauchemar rend nerveux et irritable !
-De toutes façon il n’a pas pu aller bien loin !
Nos hommes surveillent les lieux ! Allons voir !
».
Un ecossais les accueillit l’air inquiet.
« Mettez vos armures ! Leur ordonna-t-il. Les
Anglais viennent d’attaquer ! ».
La plaine était couverte de cadavres. Des lances étaient
plantées sur les corps un peu partout et des paysans cherchaient
à identifier les siens. D’autres pleuraient. Et au milieu
de tout ça, tremblant de tous mes membres, le visage couvert de
sang, je contemplais le spectacle qui s’offrait à moi. McKinley,
un soldat avec qui je m’étais lié d’amitié vint s’asseoir
à coté de moi.
« Hé ! Fit-il. Le frenchie !
Ca va ?
J’acquièsçai lentement en tremblant.
-Je sais ! Fit-il. Ca fait toujours son petit effet.
Il s’assit sur un cadavre à côté de moi, tira une
peau de bête de sa bourse accroché sur son kilt et essuya
son épée tachée de sang.
-Mais y’a des types moins âgés que toi qui ont combattu
aussi ! Fit-il. Mais ils ont combattu pour quelque chose
!
Link, Malon, Kara et l’Ecossais arrivèrent à ce moment.
-Alors ? Fit ce dernier.
-Encore une victoire ! Répondit McKinley.
Mais aussi beaucoup de pertes.
L’autre ne répondit pas. Les autres m’entourèrent.
-Benji ! Fit Link. Ca va ?
J’acquièsçai vivement et me revelai, tremblant des pieds
à la tête. Kara me soutint.
-Il est fiévreux ! Fit-elle. On va l’emmener
!
Il me transportèrent cez Arthus. McKinley contempla la
plaine de cadavres et les paysans pleurant leurs morts.
-Il va falloir supporter ça encore combien de temps ? Souffla-t-il.
Je me bat pour une cause. Mais je ne pourrai pas me battre éternellement
!
L’autre ne le regarda pas.
-Contente-toi de te battre pendant que tu le peux encore, alors !
»Fit-il.
Ils allèrent alors aider et réconforter les civils.
LA RECONCILIATION :
Kara me passait un linge humide sur le front.
« Hé ben, fit-elle. J’en aurai passé des
linges. Il va lui falloir un bain ! Le sang lui colle
à la peau ! Et c’est pas très propre !
-Sans blagues, fit Link.
Arthus nous avait rejoint.
-C’est sa première bataille ! Fit-il. Et encore,
Ce n’était qu’un petit régiment. Pour un Français,
c’est plutôt un encaisseur ! Il n’a fait aucune victime
! Il faut dire que mes hommes sont du genre...gourmand !
Il prit une bougie qu’il alluma sur la table de nuit en bois.
-Je dois descendre ! Fit-il. Je dois donner mes instructions.
Il prit congé de nous.
-Vous pouvez nous laisser ? Demanda Malon.
Sans rien dire Kara et Link sortirent. Malon se pencha sur moi.
-Hé ! Fit-elle. Ca va ?
Je grognais.
-Pfff ! Fis-je. Comme un type qui aurait encaissé
quatre verres de vodka !
Elle rigola.
-Toujours aussi Français à ce que je vois !
Fit-elle.... Heu...’Faut que je te dise ! Pour...hier soir
j’ai pas du tout pensé ce que je disais ! J’ai fait
un mauvais rêve et j’ai un peu perdu la tête !
Je levai la main.
-T’en fais pas ! Fis-je. Je le sais !
Quand on fait un cauchemar, on a la gueule de travers ! alors
on dit parfois n’importe quoi !
Elle sourit.
-Alors ! Tu m’en veux pas ? Fit-elle.
-T’en vouloir pour avoir fait un cauchemar ? Ben non !
Tu m’as fait peur ! Andouille !
elle rigola, me fila une tape sur le ventre et me plaqua une bise sur
la joue. Puis elle cracha sur le côté.
-Bravo ! Fit-elle hilare. J’suis couverte de sang
!
Elle me regarda alors avec un air taquin.
-On sera deux pour le bain ! ».
LE BAIN :
En fait...on était quatre. Quatre bassines regroupées
en cercle. De l’eau chaude avec de la mousse. Nous nous prélassions
tranquillement, les jambes pendant au-dessus de la bassine. A partir
de moi se trouvaient à gauche et en rond Malon, Link et Kara.
Une serviette était posée au bord de chaque bassine.
« Et en plus, fit Kara, le fils d’Edward Ier est un faible qui
ne tiendra pas longtemps. Même sa femme ne le tolère
pas !
-Isabelle de France ! Remarquai-je.
-Très juste ! En fait...
Pendant que Kara continuait la discussion, Malon, qui s’était
parfumée avec je ne sais quelle essence à base de je ne sais
quelle fleur, s’approcha de mon oreille .
-Edward II ? Me souffla-t-elle. C’était pas celui qui
s’est fait buter par sa femme?
-Si ! Fis-je. Il était homosexuel, c’est une
chose. Mais il était faible, lâche, peureux et sensible
comme une fleur ! On l’a fait torturer et ses tortionnaires
l’on exécuté en lui brûlant les intestins avec un tisonnier
chauffé à blanc. Il a mit beaucoup de temps à
mourir !
Elle acquièsça lentement.
-Que les terriens sont bizarres...et cruels par moment !
Fit-elle. Il y a un peu de Ganondorf en eux on dirait.
Je remarquai une coupure au niveau de l’épaule. Une longue
coupure qui allait du haut de l’épaule gauche jusqu’au début
du sein gauche.
-Où tu t’es fait ça ? Demandais-je. Je l’avais
pas vu avant !
Elle porta les mains à cette coupure.
-Tu ne t’en souviens peut-être pas mais tu t’es évanoui
quand on t’as ramné ici, m’expliqua-t-elle. Les anglais en
ont profité pour attaquer encore une fois. Link et moi nous
sommes jetés dans la bataille. Une épée a perçé
ma cotte de maille. Ca va encore que ce ne soit pas trop profond.
-Tu t’es désinfectée au moins ? Les infections, c’est
pas ce qui manque par ici !
Elle me demanda de m’approcher.
-Ils voulaient me foutre des asticots pour nettoyer la plaie !
J’ai refusé ! J’ai pris de l’eau et du savon et je me
suis frotté pendant dix bonnes minutes.
-Ca devrait aller. Impa fera disparaître la cicatrice !
-Oui ! Je ne tiens pas à voir mon corps dans un
état comme celui-là ! Ouh, Nom de Dieu !
Aux armes les filles!
Elle se cacha les yeux et Kara fit de même :Link était
sortit du bain et s’enveloppait dans une serviette.
-C’est bon d’être tout propre ! Fit-il en s’essuyant.
-J’espère que nos hommes vont rapidement arriver, fis-je.
J’en ai marre d’attendre.
-Je sais, je sais, fit Link. Moi ce que j’espère c’est
que nos amis auront tenu le coup d’ici là ! »
UNE TERRE MERVEILLEUSE:
Les hommes s’afferaient à entretenir leurs armes. La plupart
débarrassaient la rouille de leurs armures en les frottant avec
du sable. D’autres remplaçaient les fers de leurs chevaux.
A la forge, on se hâtait de tremper de nouvelles épées
pour remplacer celles qui avaient été brisées au combat.
C’est alors qu’Arthus vint à notre rencontre.
« Trois clans sont arrivés ! Fit-il.
Trois cavaliers entrèrent dans la ville suivit de milliers d’hommes.
« Locklond, Archey, Ferguson ! Fit le premier cavalier.
On nous a dépêché ici pour aider des compatriotes!
Ils descendirent de leurs montures et allèrent serrer la main
d’arthus dans une chaleureuse ambiance d’amitié. Les hommes
se dispersèrent dans le village pour y prendre du repos. Certaines
femmes les invitaient à venir chez elles, un sourire au lèvre.
Des tonneaux de vin et de whisky furent déposés sur la grande
place et perçés à coup de haches. Le soir tombait
et la terre durcissait avec le froid. Il n’avait pas plu depuis un
sacré temps et la boue était gelée. On
l’avait applatie pour faciliter la marche. Et maintenant elle était
tellement dure qu’il aurait été impossible de la creuser.
Et aucune végétation n’en sortait.
Le froid nous endolorissait et nous refusions de boire du whisky.
Il nous fallait dormir. Après-demain, ce serait le grand jour.
«votre contrée est-elle belle ? demanda Kara à
Link.
Link se mit à rire.
-La plus belle de ma planète ! Fit-il.
-Décrivez-la moi !
Il se tourna vers elle et arbora un grand sourire.
-Ma demeure se situe dans une forêt verte dans laquelle flotte
des odeurs d’herbe humide et de fleurs. Dehors il y a une plaine
verte sous un ciel gris où on peut laisser évader son esprit
parmi la flore multicolore. Des chevaux sauvages viennent narguer
les jeunes enfants qui y courent. Il y en a qui aimeraient être
comme eux, tant ils envient leur fougue, leur vivacité. On
peut arpenter une chaîne de montagne où résonnent les
échos des rapaces et observer à une certaine altitude une
mer de nuages un soir de crépuscule ou lors d’une journée
orageuse. A l’est d’Hyrule il y a un désert de sable d’or
où vivent des femmes d’une grande beauté et où poussent
des fleurs exotiques. Sur les chemins qui y mènent on traverse
des champs de blé et des chemins bordés d’oliviers où
grésillent des insectes et où montent les souffles d’un vent
d’été. A l’est de mon pays, on peut remonter une rivière
qui serpente à travers un dédale de chemins recouverts de
mousse. Elle se jette dans un lac argenté au centre duquel
se trouve un îlot où des couples viennent en secret s’aimer
lors des soirs où la lune se reflète dans les flots.
Ma terre ressemble beaucoup à la tienne. Et à la France
.
-J’aimerais être comme toi ! Fit-elle.
-Il y a peu de différences entre les Hyliens et les Ecossais
! Vous êtes braves et je pense que nous le sommes !
Quant aux Français...si tu connaissais un de mes amis nommé
darunia, tu comprendrais que nous avons un peu du Français en nous.
Elle sourit.
-Tu me la fera visiter un jour ? Demanda-t-elle.
Link hocha des épaules.
-Je pense que ca peut se faire !
-Un traité d’alliance ! Fit-elle en se dressant.
Vous n’avez qu’à signer un traité d’alliance avec notre Roi
! Un traité qui restera secret et qui ne concernera
que ton peuple et le tient !
-Comme l’alliance Franco-Ecossaise ?
-Oui ! Notre roi, Robert Bruce acceptera !
Link réfléchit quelques secondes.
-Il faudra le ratifier sur Hyrule alors.
-Mon père s’en chargera.
-Très bien ! Alors nous nous allierons !
».
« Tu fais chier bordel ! Cria Malon. Tu prends
toute la couverture !
-Si tu casais un peu ta viande aussi ! Répondis-je
en tirant sur la couverture.
-Tu commences à me brouter, toi !
-Ca y est ! Tu commence à parler le Français
de Paris !
-Qu’est ce que t’en sais ?
-Je suis né à Paris, figure-toi !
-Salopard de Parigot, donne-moi cette couverture !
»
Nos différents rapidement réglés à coup
d’oreillers, nous nous étions replongés dans nos soucis.
« Je me demande ce que deviennent les nôtres !
Fit Malon.
-Je ne sais pas, répondis-je. Mais je pense qu’ils tiennent
le coup !
-Ce sont des braves! Ils tiendront! Je leur
fait suffisamment confiance!
-Je te crois! Fis-je. J'en ai suffisamment vu pour
te croire largement!
Elle se tourna vers moi.
-Tu ne te sens pas seul? Me demanda-t-elle.
-Moi? Non!
-Non! Quand je dis ça je veux dire. .
. tu es le seul Français parmi nous! Ca ne te
fais rien?
-Tu sais. . . Anglais, Français, Ecossais
ou Hyliens. . . Je crois qu'on est tous les mêmes
avant tout! Quelque soit notre race ou notre apparence on porte
tous le titre d'homme! Il n'y a que les cons pour penser le
contraire!
-Alors tu finiras par épouser. . . une hylienne!
-Ben. . . tant qu'à faire! Les
hyliennes sont pas si mal que ça!
Elle rigola.
-Pense à moi dès que tu te mettras en chasse!
-Arrête tes conneries!
-Je plaisante! T'es pas drôle quand on aborde ce
sujet!
-C'est pas que je ne suis pas drôle mais c'est que tu m'en fais
souvent la remarque et que ca m'énerve au bout d'un moment!
-Ah t'es bien Français toi! Une brute!
Mais j'ai trouvé ton point faible! Quand tu me donneras
l'impression d'avoir les chevilles un peu enflées. .
. je te parlerai d'amour jusqu'à ce que tu te dégonfles!
-Tu peux très bien aussi me raconter tes cauchemars, je m'en
fous complètement!
-Pff! Des cauchemars j'en fait jamais! Je fais
toujours le même rêve! Un prince monté sur
son cheval qui m'attire vers lui.
-Il me ressemble pas au moins!
-Je sais pas. . . je me souviens jamais de la tronche
qu'il a!
-Tant mieux! Je t'aurai pas sur le bras!
Elle me donna un coup de coude en souriant.
-Dis pas de connerie! Fit-elle. Je sais très
bien que tu me trouves canon! 'Faut pas avoir honte!
Si ce corps de brute épaisse peut émettre une quelconque
aura de sensibilité tant mieux!
-Oui bon. . . D'accord! T'es belle, point!
-Un peu vite dit! Mais si c'est ce que tu penses.
. . merci! Par contre je n'aime pas trop le fil
que tisse Kara avec Link.
-Je sais! Elle l'a même regardé lorsqu'il
est sorti de son bain! J'ai peur que ses promesses ne soient
pas construites sur des bases solides.
-C'est une femme amoureuse! Et c'est ça la stratégie
de l'amour! Quand on ne peut briser un obstacle, on cherche
à le contourner ou à en trouver la faille! Elle
va l'attirer petit à petit et se le mettre sous le bras!
Il ne manquerait plus qu'il nous en prenne deux! Zelda va gueuler!
D'autant plus. . . qu'ils ont consommé!
Si il fait de même avec Kara, on n'a pas reglé nos problèmes!
-Rassure-moi! Tu n'es pas. . .
-Je suis vierge! T'inquiète pas!
-Sans vouloir te gêner. . . ca ne te travaille
pas de voir Link et Zelda filer le parfait amour ou de voir toutes les
filles courir après Link?
Elle sembla réfléchir et se mit à rougir.
-Si je devais confesser toutes les idées qui me sont passées
par la tête un seul prêtre ne suffirait pas! Je
suis une femme maintenant. J'ai dix-huit ans depuis peu et il est
normal que ce genre de chose. . . me trotte un peu que
ce soit au niveau de la tête ou du corps! Alors qu'on
me dise que j'ai des pensées impures, je m'en fous!
Quand je dors près de toi ça me travaille, quand je me regarde
nue dans mon miroir et que j'observe chaque partie de mon corps, ça
me travaille aussi et quand je vois Link et Zelda la main dans la main
et se diriger dans un petit coin bien isolé, là aussi je
ressens une étrange sensation de chaleur et de picotement dans l'estomac!
Que je trouve. . . délicieuse d'ailleurs.
Mais pourquoi tu me demandes ça?
-Je t'ai demandé ça car je crois que Kara ressent la
même chose! Et comme elle est innocente en apparence
elle en est d'autant plus curieuse! Quand on s'envoie
en l'air, passe moi l'expression, c'est une sensation de plaisir réputée
incomparable! Il suffit qu'elle ait entendu ça de la
bouche de quelqu'un pour que ça la fasse réfléchir
suffisamment! Nous sommes dans un monde aux privilèges
diminués et où le plaisir de la chair est quelque chose de
très mal vu! Que ce soit en Ecosse ou en France!
Pas de rapport sexuel avant le mariage! Mais. .
. c'est justement ce mot, interdit, qui pousse à la tentation.
C'est bien souvent à cause de lui que les hommes d'eglise combattent
ce qu'ils appellent le péché. Le fait de mentionner
l'interdit permet de mesurer le degré de bravoure d'un homme!
Quelqu'un qui brave l'interdit n'a ni peur de la mort, ni peur de Dieu.
Ou alors parce qu'il se révolte contre cette dictature de l'Inquisition!
Malon! Il faudra attendre encore cinq siècles pour que
finallement il y ait plus de liberté! Mais ici, on n'est
pas aussi libre que l'on ne l'est sur Hyrule! Kara sait que
faire l'amour avant un mariage est acte de sacrilège aux yeux de
l'eglise. Mais on ne peut posseder qu'un corps! Jamais
une âme! Et bien souvent la raison ne dicte pas toujours
ce que les hommes de Dieu veulent qu'elle commande. En ce moment
même, combien d'hommes et de femmes bravent cet interdit? L'amour
est quelque chose de pur, de magique que Dieu n'a peut-être pas toujours
compris! La Nature et Dieu, c'est comme la France et l'Angleterre:ce
sont des ennemis héréditaires! Qui choisir entre
les deux? Vivre une existence pieuse vouée à la dévotion
d'un être supérieur qui commande et ordonne? Ou tout simplement
jouir d'une liberté totale avec les éléments de la
Nature sachant que seuls la Mort et le Temps sont nos seuls juges?
-Tu n'aime pas la religion, Benjamin?
-Non! Je n'en interdirait pas la pratique bien sûr,
ce serait aller contre les principes de liberté individuelle.
Mais je ne suis pas croyant!
-Tu ne crois qu'en ce que tu vois?
-Non! Je crois en la nature! Car elle est présente,
elle! Elle est partout! Elle nous entoure!
Oui, elle est cruelle! Mais elle sait aussi être merveilleuse!
Voir son enfant naître est une image que l'on ne voit peut-être
qu'une seule fois dans sa vie! Vivre sa première expérience
amoureuse aussi! Le premier qui entendra ça dira que
c'est un peu classique de dire ça! Je réponds:classique.
. . mais pourtant vrai!
Malon hocha la tête.
-Alors! Tu aimeras nos Dieux! Nous sommes libres
avec eux!
-Je les aime déjà! Car vous êtiez heureux
sur Hyrule! Pas d'Inquisition, des créatures merveilleusement
belles, la liberté! Vos Dieux sont bons et généreux!
Et non naïfs et sadiques! Moi. . . j'ai
toujours pensé que ce genre de monde n'existait que dans les livres.
. .
-Je ne te l'ai pas dit mais Hyrule a longuement étudié
les grandes oeuvres de la France. Et elle aussi a créé
une Académie. Nous avons même inventé un proverbe.
Il dit:"Pour celui qui croit en ses rêves, point d'obstacles ne l'en
sépare! Marche droit devant et savoure ta victoire!
"
Je lui souris.
-Hyrule existe! Me souffla-t-elle. Il suffit d'y
croire! Et tu y seras!
Elle me fit une bise sur la joue.
-Allez dormons maintenant!
Nous nous étions mit face à face.
-N'empêche, soufflai-je, c'est ma couverture!
-Connard! Tu vas pas recommencer? !!! ".
Nous avons mit du temps à dormir car nous avons recréé
les grandes campagnes napoléoniennes avec des oreillers et des traversins.
Nous nous sommes couché après Wagram. . .
LE DEPART :
Les clans sont finallement arrivés plus tôt que prévu.
Ce matin, nous avons été éveillé par le tremblement
de terre du aux sabots des milliers de chevaux. Les 12 000 hommes
promis étaient là ! Prêts à se battre
!
« Hé ! Le Frenchie ! Me fit un
soldat . On dirait que nos chevaux aiment bien la demoiselle !
Il parlait de Malon. Elle s’occupait des chevaux des soldats
pour se distraire et avait un certain magnétisme avec eux.
-Ils sont toute sa vie ! »Répondis-je
.
L’heure du départ sonna à nos oreilles comme un cri de
détresse. au fond de nous même, nous avions un mauvais présentiment.
Les hommes formaient une énorme phalange et tous regardaient
d’un air émerveillé le halo de lumière s’élever
dans les airs. La plupart se signèrent, d’autres s’agenouillèrent
au sol. Arthus s’approcha de la lueur et regarda. Un visage
se forma dans le rideau de lumière :le sien. La magie hylienne
était réputée fantaisiste. Arthus leva la main.
Une main se dessina dans la flamme bleue. Il tira la langue.
Le visage fit de même. Puis il se tourna vers ses hommes.
-Allons-y mes braves ! Fit-il. Les Dieux nous confient
une mission ! Montrons ce que l’Ecossais sait faire !
!
Tous les hommes levèrent leurs armes et un immense cri résonna
dans la plaine, le cri d’allégeance à la Triforce créé
par ces soldats:
-Force, Sagesse et Courage ! Notre épée est
tienne ! Je meurs pour toi mais je meurs en brave!
»
Sans le vouloir, nous avions converti le premier clan
Ecossais à la culture hylienne. Link referma le halo derrière nous.
Et au fond de lui-même, il espérait ne jamais revenir ici...